Slime

Un premier pas contre la précarité énergétique

Orienter les ménages

Le but in fine du SLIME est de proposer un dispositif adapté au ménage repéré. La mise en réseau et la sensibilisation des donneurs d’alerte et le diagnostic sociotechnique ne sont au final que les moyens pour y parvenir.

L’orientation des ménages fait suite au diagnostic sociotechnique et a pour objectif de proposer des solutions durables et adaptées à la situation des ménages visités.

Éléments méthodologiques

Identifier les acteurs pour proposer des solutions adaptées et durables

Avant de pouvoir orienter les ménages, il est essentiel d’identifier sur son territoire les acteurs susceptibles d’apporter une solution aux ménages. Ce panel doit être aussi large que possible, les ménages visités rencontrant des difficultés liées à différents facteurs.

Il peut s’agir de structures proposant :
– des aides financières ponctuelles : centres communaux ou intercommunaux d’action sociale, fournisseurs d’énergie, caisse d’allocations familiales, associations caritatives, fonds de solidarité logement
– une expertise technique sur la rénovation des logements et des aides financières pour la réalisation de travaux de rénovation énergétique : opérateurs habitat, Espaces Info Energie
– un accompagnement à l’auto-réhabilitation : Compagnons bâtisseurs
– un accompagnement ou un conseil juridique : agence départemental d’information sur le logement, association de consommateurs CLCV, autres associations de consommateurs
– un accompagnement budgétaire ou social : travailleurs sociaux (des centres communaux ou intercommunaux d’action sociale, du département…)

Les collectivités peuvent s’appuyer sur le guide conçu par le réseau RAPPEL « Quels dispositifs pour accompagner les ménages en précarité énergétique ? » et disponible dans la boite à outils.

Ce guide s’adresse à tous les professionnels confrontés à des ménages aux ressources modestes qui rencontrent des difficultés à régler leurs factures d’énergie ou à atteindre un niveau de confort thermique correct dans le logement. Il a vocation à mieux comprendre à quoi il est fait référence lorsque l’on parle de précarité énergétique, comment le phénomène se manifeste chez les ménages, ainsi que les diverses ressources mobilisables pour accompagner ces derniers vers une résolution du problème.

Décider de l’orientation et prendre contact avec les partenaires

La plupart du temps, les orientations sont proposées par les chargés de visite à l’occasion du seconde visite à domicile. Les informations sont transmises dans le rapport de visite avec les préconisations. Les collectivités ont analysé les différentes modalités de l’orientation, reprises dans les tableaux ci-dessous.

 Option1: Les chargés de visite indiquent au ménage les coordonnées de la structure vers laquelle ils l’orientent et le partenaire est prévenu.
Avantages:
– La famille est actrice de son parcours
– La remise du rapport est l’occasion d’apporter plus d’informations au ménage
– Une réponse concrète apportée dès la fin de la seconde visite
– Facilité de mise en œuvre
Inconvénients:
– Les orientations étant définies uniquement par le chargé de visite, celui-ci doit justifier d’une connaissance très fine des acteurs du territoire
– Ne garantit pas la prise de contact
– Manque une dimension collective (plusieurs points de vue pour une même situation)
– Difficile à réaliser pour le ménage, en cas d’orientation multiple
– Difficulté à mobiliser des solutions pour des situations particulières

Option2: Les chargés de visite peuvent aussi transmettre au partenaire le rapport de visite et demander à ce que celui-ci entre en contact avec le ménage. Cette modalité d’orientation s’emploie le plus souvent lorsque les chargés de visite font face à un ménage fragile et/ou qui a du mal à se saisir du dispositif.

Avantages
– Le partenaire s’implique dans la mise en œuvre de l’orientation
– Son intervention est facilitée
Inconvénients:
– Le partenaire ne traitera que son sujet, qui est une partie de la solution pour le ménage
– Quel suivi pour le ménage ?
– Quelle obligation pour le partenaire ?
– Un interlocuteur de plus pour le ménage, qui peut être découragé ou dépossédé

Option 3: Les orientations peuvent également être décidées au sein d’un comité d’orientation réunissant les différents partenaires (collectivité pilote, partenaires opérationnels, partenaires en charge des dispositifs existants). L’organisation mensuelle ou trimestrielle d’un tel comité est l’occasion de présenter les visites réalisées ou seulement les cas les plus complexes. En règle générale, toutes les situations sont présentées dans un premier temps, puis, à mesure que des solutions pour chaque problématique rencontrée sont identifiées, seuls les cas les plus complexes sont abordés. Le comité d’orientation est également le lieu de suivi des dossiers après les orientations proposées lors des précédents comités.

Avantages:
→ Liées au fonctionnement :
– croisement d’informations techniques et réglementaires
– plusieurs partenaires avec des points de vue divers
– le relevé de décisions permet de faire le point sur chaque situation d’un comité à l’autre
– développement de partenariats innovants
→ Pour l’ensemble du SLIME :
– aide au repérage
– mobilisation des parties prenantes assurée
– mise en cohérence entre les différents acteurs du dispositif
– développement du réseau d’acteurs, qui peuvent ainsi se rencontrer régulièrement
– associer les techniciens des différentes structures en matière de rénovation des logements
– meilleure connaissance des acteurs, entre eux
Inconvénients:
→ D’ordre logistique :
– chronophage
– nécessite que les acteurs soient disponibles
→ Liées au fonctionnement :
– manque de réactivité
– en l’absence de hiérarchie entre les partenaires, cela nécessite une bonne animation et une envie de collaborer ou un conventionnement couplé à un financement

Réunir les partenaires autour d’une cellule d’orientation dédiée

L'exemple de la Métropole de Brest

La métropole de Brest s’est appuyée sur sa cellule de lutte contre l’habitat indigne et la précarité énergétique pour outiller le SLIME d’un comité d’orientation. Faire rencontrer les acteurs concernés par ces deux sujets permet de proposer des solutions adéquates.

Élargir la palette des orientations possibles grâce au fonds local d’aide aux travaux

L'exemple du Conseil départemental du Lot

Le conseil départemental du Lot s’appuie sur le Fonds social d’aide aux travaux de maitrise de l’énergie pour proposer des solutions pérennes aux ménages en précarité énergétique